La Fashion Week Haute Couture s’est ouverte à Paris sur une note à la fois poétique et avant-gardiste. Ce lundi 7 juillet, Schiaparelli a donné le ton avec Back to the Future, une collection en noir et blanc ponctuée d’éclats rouges, fidèle à l’esprit de sa fondatrice, libre, intellectuelle et terriblement moderne.

Daniel Roseberry a ouvert la Fashion week avec son show « Back to the future ». (Photo Unsplash libre de droits).

Dès les premières silhouettes, le message est clair, Daniel Roseberry, directeur artistique de la maison depuis 2019, ne regarde pas en arrière par nostalgie, mais pour mieux propulser Schiaparelli vers demain.

Un clin d’œil élégant aux années 40

La collection trouve son point de départ dans l’été 1940 quand Elsa Schiaparelli quitte Paris pour New York. De ce moment d’exil naît une mode d’équilibre et de tension. On retrouve sur le podium tailles ceinturées, hanches sculptées, coupes franches. Une allure stricte, presque militaire, mais adoucie par la main d’un couturier qui sait que la rigueur peut aussi être sensuelle.

Pour autant, Daniel Roseberry refuse de s’enfermer dans la reconstitution. « Si je me concentrais de manière obsessionnelle sur le passé, pourrais-je réellement faire une collection qui semble née dans le futur ? », confiait-il à Vogue France avant le défilé. Sa réponse défile sous nos yeux désormais avec un dialogue entre mémoire et invention, entre Elsa et lui.

Symboles détournés et couture d’exception

Les codes historiques de la maison que sont le trou de serrure, l’anatomie et les ornements illusionnistes, sont bel et bien là, mais réinterprétés. Détails sculptés à la main, bijoux en céramique incrustés dans les vêtements, broderies tridimensionnelles… chaque pièce semble traversée d’un souffle artistique.

La veste “Elsa”, structurée et sobre, incarne parfaitement cette couture pensée comme un manifeste, celle d’une maison qui rend hommage à son passé tout en continuant de le transformer.

Une ouverture tout en puissance

En lançant la semaine de la haute couture, Schiaparelli a rappelé que la mode peut encore surprendre, émouvoir et faire réfléchir. Back to the Future n’est pas qu’un hommage, c’est une déclaration d’intention, un manifeste pour une couture cérébrale, féminine et résolument tournée vers demain.

Ce que le directeur artistique essaye de nous dire, c’est que chez Schiaparelli, le passé n’est jamais figé. Il sert simplement de tremplin pour inventer l’avenir.

Hamel Bechiche

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